La musique et les émotions

De chaque côté de l’autoroute où nous roulons les pâturages des fermes, alourdis par la neige et le vent, s’étendent à perte de vue. Ça et là nous pouvons y reconnaître les vestiges des champs de maïs de l’an dernier, le temps de la dernière moisson déjà si lointain.

Nous sommes en février et le paysage est tout de gris, de blanc et de brun : une mélancolie hivernale. À la radio, la voix de notre hôte est familière et rassurante, elle nous enveloppe dans une sorte de transe. Soudain, une voix splendide attire notre attention, nous projetant dans un tourbillon d’émotions. Des frissons saisissent ma colonne vertébrale et irradient jusqu’à la base de ma tête. Elle chante d’une voix sublime, des paroles d’un poème oublié.

Toute mon attention et tous mes sens absorbent la beauté de cette musique. Accompagné par un orchestre de chambre, la bassiste-chanteuse nous entraîne dans sa mélodie envoûtante. Elle ne manque aucun accord et la musique est parfois si diffuse qu’on en croirait une prestation a capela. Je suis émue, j’ai les larmes aux yeux. Je respire à plein poumons, tranquillement, inspirant la plénitude de chaque note.

Gagnante du prix pour la meilleure nouvelle artiste de l’année? je crois aussi, oui. Merci Esperanza.

(Poème de William Blake intitulée “Little Fly” adapté par Esperanza Spalding http://www.esperanzaspalding.com/cms/)

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D’où je viens…

D’où je viens, les nuages sont des montagnes imaginaires et la beauté, un soleil d’hiver qui brille à travers les branches de grands sapins enneigés. Notre méditation à nous, c’est une belle journée de ski de fond en bonne compagnie.

Ici, les arbres s’étirent vers le ciel pour former une Cathédrale et une chorale de moineaux chantent un hymne à la joie. On dirait que le temps s’est arrêté : de gros flocons se posent si lentement sur notre visage qu’ils semblent flotter dans l’air frais.

Au cours de notre randonnée, nous croisons plusieurs sourires sincèrent malgré les joues rougies par l’air froid des descentes. Le bonheur est palpable dans la chaleur de ce soleil d’après-midi. La lumière dorée surplombe un marécage gelé qui arbore fièrement quelques quenouilles courageuses.

Merci Maman, merci Papa de m’avoir donné ces yeux qui voient la beauté des choses.

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